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>Grandeur et décadence de la biche dans l’art paléolithique cantabrique</title
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>Biches cantabriques</title
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>Georges SAUVET</name
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>030493447</idno
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>2026-03-20T08:45:00</date
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>Muséum national d'Histoire naturelle</publisher
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>23/11/2023</date
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>15/03/2024</date
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>165-173</dim
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>21/11/2025</date
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>60 (12)</idno
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>21/11/2025</date
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>10.5252/anthropozoologica2025v60a12</idno
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>Version Métopes : 3.0</p
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>Written by OpenOffice</p
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>Iconographie</item
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>bison</item
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>réseaux d’échange</item
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>région cantabrique</item
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>Paléolithique supérieur.</item
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>Iconography</item
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>exchange networks</item
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>Cantabrian Region</item
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>Upper Paleolithic.</item
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>Révision</change
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>Grandeur et décadence de la biche dans l’art paléolithique cantabrique</titlePart
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>Georges SAUVET</byline
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>Centre de Recherche et dʼÉtudes pour lʼArt préhistorique Émile Cartailhac (CREAP), Maison des Sciences de l’Homme et de la Société de Toulouse, 5 allée Antonio Machado, F-31058 Toulouse Cedex 1 (France)</affiliation
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><p
style="txt_Resume"
>RÉSUMÉ. Le motif de la biche occupe la première place dans l’iconographie pariétale de la région cantabrique au cours des phases anciennes du Paléolithique supérieur (jusqu’au Magdalénien inférieur compris). Deux formes artistiques sont présentes : des peintures rouges au tampon en grotte profonde et des gravures plus schématiques à la lumière du jour. Dans le même temps, la biche est très rare du côté français, ce qui indique que les réseaux d’échange étaient pratiquement interrompus entre les deux régions. Puis, au Magdalénien moyen, la biche régresse fortement au profit du bison qui devient le motif dominant. Ce motif, importé des Pyrénées, montre que les réseaux d’échanges se sont rétablis. Ces variations thématiques sont donc un moyen d’accéder aux échanges culturels et sociaux entre groupes de chasseurs-collecteurs. Si la biche fut un temps au centre de leur imaginaire symbolique, son abandon brutal indique de profonds bouleversements idéologiques dans le rapport au monde.</p
><p
style="txt_Motclef"
>MOTS CLÉS : Iconographie, bison, réseaux d’échange, région cantabrique, Paléolithique supérieur.</p
><p
style="txt_Resume_italique"
xml:lang="en"
>ABSTRACT. The motif of the hind occupies the first place in parietal iconography in the Cantabrian Region during the earliest phases of the Upper Paleolithic (including the Lower Magdalenian). Two artistic forms are present: red stamp paintings in deep caves and more schematic engravings in daylight. At the same time, the hind is very rare on the French side of the border, indicating that exchange networks were virtually cut off between the two regions. Then, during the Middle Magdalenian, the doe declined sharply in favour of the bison, which became the dominant motif. This motif, imported from the Pyrenees, shows that exchange networks had been restored. These thematic variations are therefore a means of accessing cultural and social exchanges between groups of hunter-collectors. The doe may have been at the centre of their symbolic imagination for a time, but its sudden abandonment indicates profound ideological upheavals in their relationship with the world.</p
><p
style="txt_Motclef_italique"
>KEYWORDS: Iconography, bison, exchange networks, Cantabrian Region, Upper Paleolithic.</p
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type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Introduction</head
><p
style="txt_Normal"
>Les données quantitatives relatives à la thématique de l’art pariétal paléolithique montrent que l’iconographie figurative est constituée d’une douzaine d’espèces animales, essentiellement des grands mammifères, parmi lesquels le cheval et le bison représentent plus de 50 % de l’effectif. Il s’agit donc d’un bestiaire très sélectif. Cependant, ces chiffres globaux masquent des disparités régionales et chronologiques. Sans déroger au fait que ce sont toujours les mêmes espèces qui sont figurées, parce qu’elles correspondent à des mythes ancestraux, on voit bien que les goûts et sans doute les narrations dont se nourrissaient les hommes et les femmes de chaque groupe ont évolué au fil du temps. De même que chaque église a son saint patron, chaque site met en avant des choix qui lui sont propres. Rouffignac (Dordogne, France) est la grotte aux 150 mammouths (<ref
target="#_idTextAnchor017"
type="bibl"
>Plassard 1999)</ref
>, Covalanas (Cantabrie, Espagne) est la grotte aux biches rouges (<ref
target="#_idTextAnchor009"
type="bibl"
>García-Diez &amp; Eguizabal Torre 2003)</ref
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Nous voudrions illustrer cette observation en mettant en évidence l’un des exemples les plus caractéristiques, l’un de ceux qui soulèvent le plus de questions à qui veut tenter de comprendre le fonctionnement des relations humaines au Paléolithique supérieur et retracer l’Histoire de cette période de la Préhistoire.</p
><p
style="txt_Normal"
>Nous parlerons de la place exceptionnelle qu’a jouée la biche dans la région cantabrique au cours des phases anciennes, puis de son abandon presque total au cours du Magdalénien moyen. D’abord hissée sur un piédestal et magnifiée par les meilleurs artistes, elle fut finalement déchue lorsque de nouvelles idées virent le jour, sans doute sous l’influence d’apports extérieurs. Toute société est conservatrice par nature et n’évolue que par contact avec d’autres groupes ayant une vision différente du monde. Au bout du compte, ce sont les relations interpersonnelles qui façonnent la structure sociale des chasseurs-collecteurs. La communication est facilitée par l’art graphique, les images étant sans doute parmi les principaux vecteurs qui déterminent la vie sociale, culturelle et religieuse des peuples sans écriture.</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>La situation cantabrique anté-magdalénienne</head
><p
style="txt_Normal"
>Globalement, dans les phase anciennes du Paléolithique supérieur (du Gravettien au Magdalénien inférieur cantabrique, mais surtout au Solutréen), la biche est le motif le plus représenté (29,2 % du bestiaire contre seulement 21,9 % pour les chevaux et 8,1 % pour les bisons) (<ref
target="#_idTextAnchor023"
>Tableau 1</ref
>). Non seulement la biche domine quantitativement, mais elle fait l’objet des plus grandes attentions. Certains sites semblent lui être dévolus. La Pasiega A, El Pendo, Covalanas, Arenaza sont de très bons exemples de cette attirance tendant à l’exclusivité. La proportion de biches à Covalanas atteint 78 % (<ref
target="#_idTextAnchor009"
type="bibl"
>García-Diez &amp; Eguizabal Torre 2003)</ref
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Nous ne tenterons pas d’interpréter cette passion immodérée pour la biche, mais nous ferons remarquer que cette fascination pour la femelle du cerf n’est pas liée à l’espèce, puisque, dans le même temps, le mâle ne recueille que 10,3 % des suffrages en moyenne. Si les Paléolithiques ont pris soin de discriminer le mâle et la femelle, ils avaient certainement de bonnes raisons idéologiques de le faire. Ils nous en ont administré la preuve : à Covalanas, il y a 18 biches et pas un seul cerf (<ref
target="#_idTextAnchor009"
type="bibl"
>García-Diez &amp; Eguizabal Torre 2003)</ref
>, tandis que dans l’abside de Lascaux il y a 68 cerfs pour seulement trois biches (<ref
target="#_idTextAnchor002"
type="bibl"
>Aujoulat 2004)</ref
>. <ref
target="#_idTextAnchor014"
type="bibl"
>Leroi-Gourhan (1979</ref
>: 345) s’étonnait lui-même d’un tel déséquilibre. Ce serait une erreur, souvent commise par les préhistoriens, de les rassembler arbitrairement dans la catégorie neutre de « cervidés ». Ce serait une trahison, ou tout au moins une incompréhension, de la pensée paléolithique.</p
><p
style="txt_Normal"
>Cependant, il ne faudrait pas croire que la région cantabrique constituait une entité homogène. Les différents groupes humains qui peuplaient la région ont parfaitement su marquer leur personnalité et leur autonomie en diversifiant leurs œuvres. Toute société a besoin d’une part d’une pensée commune pour maintenir sa cohésion et d’autre part de diversité formelle, gage de la liberté de chacun de ses membres. C’est notamment le rôle des artistes de faire preuve d’originalité et d’inventivité en créant de nouvelles formes et de nouvelles techniques. C’est ainsi que, tout en accordant au thème de la biche la première place, ils ont eu à cœur de montrer leur savoir-faire en diversifiant les formes artistiques. Si l’on attache plus d’importance à ce qui divise qu’à ce qui rassemble, on peut y voir la preuve de l’« originalité irréductible » de certains sites par rapport à d’autres (<ref
target="#_idTextAnchor022"
type="bibl"
>Vialou 1986)</ref
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Dans le cas qui nous intéresse, il apparaît que la région cantabrique semble se diviser en deux groupes concernant la manière de représenter le thème de la biche qui fait l’unité de la région (<ref
target="#_idTextAnchor005"
type="bibl"
>Fortea Pérez </ref
><ref
target="#_idTextAnchor005"
type="bibl"
><hi
rend="italic underline"
style="typo_italic_souligne"
>et al.</hi
></ref
><ref
target="#_idTextAnchor005"
type="bibl"
> 2004)</ref
>. Dans le secteur oriental, on trouve surtout des biches peintes dans des grottes obscures. Elles sont presque toujours rouges et souvent réalisées au tampon, ce qui leur donne un aspect ponctué (<ref
target="#_idTextAnchor006"
type="bibl"
>Garate Maidagan 2008</ref
>, <ref
target="#_idTextAnchor007"
>2010</ref
>) qui leur a valu d’être considérées comme représentatives d’une école nommée « école de Ramales » (<ref
target="#_idTextAnchor001"
type="bibl"
>Apellaniz 1982)</ref
> (<ref
target="#_idTextAnchor024"
>Fig. 1</ref
>).</p
><p
style="txt_Normal"
>Au contraire, à l’ouest du territoire, dans les Asturies, notamment dans la vallée du Nalón, la technique préférée est la gravure réalisée dans des abris à la lumière du jour (<ref
target="#_idTextAnchor025"
>Fig. 2</ref
>). Ce sont des formes simplifiées, très conventionnelles, qui figurent la tête par trois segments de droite, un pour le chanfrein et une oreille, un second pour l’autre oreille et l’arrière de la tête, un troisième pour le dessous de la tête et l’encolure, laissant un espace ouvert entre les oreilles et le plus souvent au bout du museau. Le terme de « biche trilinéaire » a été forgé pour désigner cette convention (<ref
target="#_idTextAnchor004"
type="bibl"
>Fortea Pérez 1978)</ref
> (<ref
target="#_idTextAnchor026"
>Fig. 3</ref
>). La contemporanéité des deux techniques n’est pas certaine, mais il y a des arguments archéologiques pour penser qu’elles ont pu coexister pendant une bonne partie du Solutréen, notamment pendant l’épisode froid compris entre 23 000 et 22 000 ans cal BP qui est très bien représenté dans toute la région, et sans doute pendant une partie du Badegoulien cantabrique.</p
><p
style="txt_Normal"
>Le domaine des biches peintes et celui des biches gravées montrent une relativement faible interpénétration, ce qui tend à montrer qu’ils correspondaient très probablement à des choix culturels faits par des groupes, certes apparentés, mais nettement individualisés, avec des personnalités, des goûts, des traditions et des savoir-faire différents. Exceptionnellement, une biche peinte du Castillo (Cantabrie) appartient au type des biches gravées trilinéaires (<ref
target="#_idTextAnchor026"
type="bibl"
>Fig 3</ref
>F). À noter que le modèle des biches trilinéaires se diffuse dans toute la péninsule ibérique et atteint la côte méditerranéenne (le Parpalló, Cova Dones) et l’Andalousie (La Pileta, Nerja, Ardales) où il est d’ailleurs aussi fréquent que dans la région cantabrique (<ref
target="#_idTextAnchor012"
type="bibl"
>Hernando Álvarez 2013)</ref
>. Dans l’état actuel des connaissances, il est impossible de dire si l’origine de ce modèle se trouve au sud ou au nord. Une origine africaine du Solutréen espagnol a parfois été évoquée (<ref
target="#_idTextAnchor015"
type="bibl"
>Otte &amp; Noiret 2002)</ref
>. L’absence de communication avec le Sud de la France est d’autant plus remarquable que la région cantabrique reste connectée avec le reste de la Péninsule ibérique.</p
><p
style="txt_Normal"
>Au cours de la période suivante, que nos collègues espagnols appellent le Magdalénien inférieur cantabrique (MIC), c’est-à-dire approximativement entre 20 000 et 18 000 ans cal BP, la biche est toujours très présente, mais un nouveau style de gravure apparaît. C’est encore une manière de représenter l’animal très conventionnelle, le pelage étant figuré par un faisceau de hachures serrées, notamment le long de la joue. Ce mode d’expression a donné de véritables chefs d’œuvre non seulement dans l’art pariétal, mais aussi dans l’art miniature sur os et bois de cervidé (<ref
target="#_idTextAnchor027"
>Fig. 4</ref
>).</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
><hi
rend="italic"
style="typo_Italique"
>La situation en France</hi
></head
><p
style="txt_Normal"
>Au cours des périodes précédant le Magdalénien, la situation est très différente en France. Le cheval est l’espèce dominante (33 %), suivi par le bison (11,7 %) et la biche n’est que rarement figurée (1,5 %). Ces chiffres permettent à eux seuls de mesurer l’écart considérable qui existe entre les deux territoires (<ref
target="#_idTextAnchor023"
>Tableau 1</ref
>). À noter qu’au cours de cette phase ancienne de l’art pariétal, le bison est un thème commun à l’ensemble du domaine, mais qu’il semble relégué à un rôle relativement secondaire.</p
><p
style="txt_Normal"
>On notera cependant que la rupture n’est pas totale. Dès le Gravettien, on voit que des conventions stylistiques similaires sont utilisées à Gargas (Hautes-Pyrénées) et à Aitzbitarte IX (Guipúzcoa), ce qui montre que des contacts, sans doute limités, existaient avec la région cantabrique. Il faudra attendre le Magdalénien moyen pour qu’un changement qualitatif majeur se produise.</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Le bouleversement du Magdalénien moyen</head
><p
style="txt_Normal"
>C’est en effet une transformation radicale que l’on observe dans la thématique et la forme de l’art pariétal au Magdalénien moyen. Le changement le plus spectaculaire est une montée en puissance du motif du bison qui passe de 11,7 % en France avant le Magdalénien à plus de 33 % à partir du Magdalénien moyen. À Niaux et à Fontanet (Ariège), la proportion de bisons atteint 50 %. Mais la révolution est encore plus spectaculaire dans la région cantabrique où l’on assiste à une forte augmentation de la proportion de bisons, qui s’accompagne d’un très net recul de la biche (<ref
target="#_idTextAnchor023"
>Tableau 1</ref
>). Certains sites comme Cueva Urdiales (Cantabrie) consacrent 80 % de leur thématique au bison ; à La Covaciella (Asturies), c’est 75 %. De grands ensembles, comme le plafond d’Altamira, semblent dévolus à le magnifier par une polychromie luxuriante, mais il faut noter qu’une grande biche subsiste en marge du troupeau qu’elle semble observer (<ref
target="#_idTextAnchor028"
>Fig. 5</ref
>A). Nous ne commenterons pas l’interprétation de Max Raphaël de la « bataille magique d’Altamira » qui oppose le clan de la Biche à celui du Bison, mais nous reconnaissons l’opposition graphique entre une grande biche et un bison qui se regardent les yeux dans les yeux (<ref
target="#_idTextAnchor018"
type="bibl"
>Raphaël 1986)</ref
>. Nous n’entrerons pas dans l’interprétation très ethnocentrée de la biche comme symbole de douceur et de maternité et celle du bison comme symbole de force et d’agressivité. Nous noterons toutefois que le cas n’est pas unique, puisqu’une situation presque identique est reproduite à Ekain (Guipúzcoa) où une biche semble observer d’une position élevée un troupeau de chevaux, bisons et bouquetins (la triade dominatrice du Magdalénien moyen) (<ref
target="#_idTextAnchor028"
>Fig. 5</ref
>B). Au Pindal (Asturies), une grande biche rouge observe à distance une composition typiquement magdalénienne bison-cheval-claviformes-points (<ref
target="#_idTextAnchor028"
>Fig. 5</ref
>C). À Tito Bustillo (Asturies), une composition monumentale de chevaux et de rennes, se conclut à l’extrémité droite par une biche tombant verticalement (<ref
target="#_idTextAnchor028"
>Fig. 5</ref
>D).</p
><p
style="txt_Normal"
>La biche a beaucoup reculé dans les préoccupations des artistes magdaléniens, mais elle n’est pas complètement oubliée, comme si son souvenir lui donnait une position privilégiée d’observateur ou d’arbitre. On note que le style des biches magdaléniennes est bien différent de celui des biches solutréennes. Pourtant, bien que devenues rares et réduites à une unité par panneau, elles n’ont rien perdu de leur splendeur d’antan.</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Discussion</head
><p
style="txt_Normal"
>Le changement drastique qui se produit au Magdalénien moyen dans la thématique des deux principaux territoires de l’art pariétal que sont le Sud-Ouest de la France (Aquitaine et Pyrénées) et la région cantabrique est un événement majeur de géographie humaine. Ce fait qui apparaît comme une véritable révolution intéresse au plus haut point les préhistoriens, car c’est une question anthropologique qui nous plonge au cœur des relations entre groupes humains. En effet, les ethnologues nomment « réseaux d’échange » (<ref
target="#_idTextAnchor003"
type="bibl"
>Fitzhugh </ref
><ref
target="#_idTextAnchor003"
type="bibl"
><hi
rend="italic underline"
style="typo_italic_souligne"
>et al.</hi
></ref
><ref
target="#_idTextAnchor003"
type="bibl"
> 2011)</ref
> les structures qui assurent la communication dans les sociétés de chasseurs-collecteurs. On distingue généralement trois types de réseaux (locaux, régionaux et suprarégionaux). Ce sont les relations supra-régionales qui nous intéressent ici.</p
><p
style="txt_Normal"
>Au cours du Paléolithique supérieur, l’existence de relations à grande distance est établie par de nombreuses données archéologiques. On sait par exemple que des silex provenant des gîtes du Bergeracois, de La Chalosse, de Treviño-Urbasa se retrouvent dans tous les grands gisements des deux côtés des Pyrénées. Certains types d’industrie osseuse très particuliers comme les sagaies de type Lussac-Angles, probablement nées dans la Vienne, ont des aires d’expansion très vastes qui couvrent les Pyrénées et s’étendent jusqu’à El Mirón (Cantabrie) et Tito Bustillo (Asturies). Mais c’est surtout la diffusion d’objets d’art mobilier très spécifiques tels que les contours découpés de têtes de chevaux sur os hyoïde (de Laugerie-Basse en Dordogne à La Viña dans les Asturies) qui constitue un argument de poids en faveur de l’existence de réseaux culturels très denses couvrant l’ensemble du domaine « franco-cantabrique » au Magdalénien moyen. Plus encore, des similitudes dans l’art pariétal, immobile par nature, confirment que ce sont bien des idées et pas seulement des objets qui étaient échangés lors de ces rencontres. Nous pouvons citer la diffusion des signes claviformes d’origine pyrénéenne, reproduits dans des configurations identiques en Cantabrie (La Culllalvera) et dans les Asturies (El Pindal). Ou encore les bisons de morphotype pyrénéen que l’on retrouve à Santimamiñe (Viscaye) et à La Covaciella (Asturies), ce qui montre bien que les formes adoptées sont en partie soumises à des influences extérieures (<ref
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>Sauvet </ref
><ref
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><hi
rend="italic underline"
style="typo_italic_souligne"
>et al.</hi
></ref
><ref
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type="bibl"
> 2014)</ref
>. En tout cas, la circulation des hommes le long de la corniche cantabrique et jusqu’en Aquitaine est établie par les représentations de rennes de Tito Bustillo, Las Caldas, La Viña et Las Monedas, alors que le renne a très peu pénétré dans cette région (<ref
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>Altuna 2002</ref
> ; <ref
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type="bibl"
>Gómez-Olivencia </ref
><ref
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type="bibl"
><hi
rend="italic underline"
style="typo_italic_souligne"
>et al.</hi
></ref
><ref
target="#_idTextAnchor010"
type="bibl"
> 2013)</ref
>. Les artistes qui les ont si bien campés à Tito Bustillo ont dû les observer loin de chez eux. De leurs voyages, ils ont rapporté non seulement les claviformes et les contours découpés, mais également la capacité de dessiner des rennes et un profond affect pour les bisons. Il semble qu’à une certaine époque, les Asturies et l’Ariège ont entretenu des relations privilégiées (<ref
target="#_idTextAnchor019"
type="bibl"
>Sauvet 2014)</ref
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Les données principales qui méritent discussion peuvent être résumées de la façon suivante :</p
><p
style="txt_Normal"
>– au Gravettien, l’ensemble de la Péninsule ibérique partage avec la France des thèmes particuliers : les mains négatives soufflées au pochoir, des chevaux au museau busqué dits « en bec de canard » ;</p
><p
style="txt_Normal"
>– au Solutréen, la région cantabrique voit une véritable explosion du thème de la biche alors que, dans le Sud-Ouest de la France, ce thème demeure très marginal ;</p
><p
style="txt_Normal"
>– au Magdalénien inférieur cantabrique, la biche demeure au centre des préoccupations, mais une nouvelle forme apparaît avec les « biches striées » ;</p
><p
style="txt_Normal"
>– au Magdalénien moyen, le thème du bison prend une ampleur considérable dans le Sud-Ouest de la France et, par contagion, s’impose largement dans la région cantabrique au détriment de la biche qui régresse fortement. Sur les plans thématiques et stylistiques les deux régions deviennent presque indiscernables.</p
><p
style="txt_Normal"
>Ces changements radicaux sont corollaires de transformations non moins radicales dans le domaine des idées, des valeurs et dans la conception du monde. Ce brassage d’idées est probablement dû à des rencontres avec des hommes porteurs d’une culture différente. De telles rencontres devaient être institutionnalisées sous forme de réseaux d’échanges qui impliquaient non seulement des échanges de biens matériels, mais aussi le partage d’idées et de savoir-faire. Il est troublant de constater que durant le Solutréen, la région cantabrique semble avoir très peu de relations avec ses voisins transpyrénéens. Pourtant, ce n’était pas un isolat, car les biches striées diffusent dans toute l’Espagne. Il semble que dès le Magdalénien ancien, les relations avec le Sud-Ouest de la France se soient partiellement rétablies, comme le montrent quelques observations troublantes comme la présence d’une biche striée à Marsoulas (Haute-Garonne) (<ref
target="#_idTextAnchor027"
>Fig. 4</ref
>G) ou encore un cerf de Gandil (Tarn-et-Garonne) qui rappelle beaucoup la morphologie d’une biche de La Pasiega (<ref
target="#_idTextAnchor013"
type="bibl"
>Ladier 2000)</ref
> (<ref
target="#_idTextAnchor029"
>Fig. 6</ref
>). Il faut y voir l’indice d’un rapprochement encore timide qui va se matérialiser de façon éclatante au cours du Magdalénien moyen avec l’explosion du thème du bison de part et d’autre des Pyrénées et l’abandon de la biche. Ce qui frappe par-dessus tout, c’est la fragilité et la volatilité des réseaux d’échanges qui semblent se faire et se défaire très facilement. Les relations entre clans peuvent être quasiment inexistantes ou au contraire si étroites qu’elles rendent les groupes presque indistinguables. Il est très difficile de comprendre les phénomènes ou événements qui ont pu conduire à de tels renversements de situation.</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Conclusion</head
><p
style="txt_Normal"
>Les données de l’art paléolithique sont une source d’information extrêmement précieuse pour appréhender les comportements des groupes humains de ce temps. Elles nous donnent accès aux fluctuations des relations que ces groupes entretenaient et donc à la manière dont les hommes et les femmes concevaient le monde, à travers des symboles faits de signes abstraits et d’animaux appartenant à leur univers familier.</p
><p
style="txt_Normal"
>L’essor de la biche dans la région cantabrique montre bien l’isolement de la région au cours du Gravettien et du Solutréen. Le changement climatique radical du Dernier Maximum glaciaire est souvent évoqué pour expliquer la raréfaction des relations culturelles avec le Sud-Ouest français (<ref
target="#_idTextAnchor011"
type="bibl"
>González Sainz 2022)</ref
>. En effet, la densité démographique a atteint son plus bas niveau vers 23 000-22 000 ans cal BP (<ref
target="#_idTextAnchor021"
type="bibl"
>Tallavaara </ref
><ref
target="#_idTextAnchor021"
type="bibl"
><hi
rend="italic underline"
style="typo_italic_souligne"
>et al.</hi
></ref
><ref
target="#_idTextAnchor021"
type="bibl"
> 2015)</ref
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Le remplacement de la biche par le bison, survenu au début du Magdalénien moyen, fut un choc culturel probablement provoqué par le contact avec des groupes venus de l’extérieur. Quelle force fut assez puissante pour provoquer une reconversion aussi brutale, sans doute plus religieuse que sociétale ? Comment les anciens symboles et les mythes qu’ils véhiculaient furent-ils aussi facilement abandonnés ? Le sens du mouvement semble aller des Pyrénées vers la région cantabrique, mais quelle forme prit cette interaction ? La transformation nous apparaît très rapide, en raison de l’imprécision de nos instruments de mesure, mais elle fut sans doute plus progressive qu’on ne l’imagine. Nous voulons croire que les rencontres inter-groupes furent pacifiques, comme semble le montrer le très faible nombre d’individus ayant connu des morts violentes (<ref
target="#_idTextAnchor016"
type="bibl"
>Patou-Mathis 2013)</ref
>.</p
><p
style="txt_Normal"
>Puisque nous parlons des fluctuations des réseaux d’échange, il n’est pas anodin de mentionner d’autres changements qui se produisent un peu plus tard, au Magdalénien supérieur et final. Cette fois, on voit un motif très vraisemblablement inventé dans les Cantabres, le motif du capriné schématique vu de face avec les cornes en V ouvert, diffuser dans les Pyrénées (Lortet, Gourdan, La Vache) et plus faiblement jusqu’en Périgord. Simultanément, un autre motif, celui des chevaux macrocéphales ou barygnathes, originaire du Périgord (La Madeleine), diffuse très peu vers les Pyrénées et pas du tout en Espagne. Enfin, le motif des figures féminines schématiques qui vient probablement lui aussi de Dordogne (Lalinde) se diffuse vers l’Europe centrale (Gönnersdorf, Nebra, Oelknitz). Il semble donc qu’à la fin du Paléolithique récent, on assiste à une redistribution des réseaux d’échange et à un renversement du sens des influences orientées cette fois de l’Ouest vers l’Est.</p
><p
style="txt_Normal"
>Les réseaux d’échange sont indispensables à la survie des chasseurs-collecteurs, mais ils sont très sensibles aux relations entre groupes qui peuvent varier d’une génération à la suivante. Les alliances et les frictions entre communautés sont imprévisibles à l’échelle de l’Histoire. Souvent, leurs effets sont sans conséquence sur le plan des idées, car celles-ci sont si profondément ancrées dans les traditions ancestrales que les modifications des relations de voisinage sont anecdotiques et passent inaperçues dans les réalisations pariétales. Ce ne fut pas le cas de la vague déferlante du bison et l’abandon consécutif de la biche que l’on observe au Magdalénien moyen cantabrique. Cet événement majeur, exceptionnel, eut des conséquences sur l’iconographie des grands sites pariétaux. Il y a un avant et un après. Il n’est pas exagéré de dire qu’il y a moins de différences sur le plan thématique entre la grotte Chauvet et celle de Lascaux, séparées de 13 000 à 15 000 ans, qu’entre les biches d’Arenaza (Solutréen supérieur) et les bisons de Santimamiñe ou les chevaux d’Ekain (Magdalénien moyen) bien qu’ils soient séparés par moins de 2000 ans. L’histoire de l’art est avant tout une Histoire d’hommes.</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Remerciements</head
><p
style="txt_Normal"
>Nous sommes très reconnaissant aux deux relecteurs de ce manuscrit qui ont attiré notre attention sur des imprécisions et des formulations malheureuses. En nous permettant de les rectifier, ils ont contribué à la clarté et à la rigueur que nous souhaitions.</p
></div
><div
type="section1"
><head
style="T_1"
subtype="level1"
>Note finale</head
><p
style="txt_Normal"
>Alors que le manuscrit était en cours d’édition, un article de <ref
target="#_idTextAnchor008"
type="bibl"
>García-Bustos &amp; Rivero (2023)</ref
> qui traite d’un sujet très voisin est venu à notre connaissance. Les chiffres que les auteurs utilisent sont environ 25 % supérieurs aux nôtres, mais les proportions des différentes espèces sont très voisines. Les conclusions sont donc très similaires quant à la suprématie de la biche dans les Cantabres au cours de la période pré-magdalénienne et à son remplacement par le bison au Magdalénien. Il est rassurant de constater que des chercheurs utilisant des données collectées indépendamment parviennent aux mêmes résultats.</p
><table
cols="7"
rend="frame"
rows="4"
xml:id="Table1"
><head
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Tableau 1</hi
>. — Proportions (exprimées en pourcentages) de chevaux, bisons et biches dans la région cantabrique et en France dans la période anté-magdalénienne (Magdalénien inférieur cantabrique inclus) et au Magdalénien moyen.</head
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><cell
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><cell
cols="3"
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><hi
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style="typo_gras"
>Région cantabrique</hi
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cols="3"
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><hi
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style="typo_gras"
>Sud-Ouest France</hi
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><row
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><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Période</hi
></cell
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>cheval</cell
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>bison</cell
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>biche</cell
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>cheval</cell
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>bison</cell
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>biche</cell
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>Anté-Magdalénien</cell
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>21,9</cell
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>8,1</cell
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>29,2</cell
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>33</cell
><cell
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>11,7</cell
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>1,5</cell
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>Magdalénien moyen</cell
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>23,8</cell
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>39,3</cell
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>4,2</cell
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>27,7</cell
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>33,5</cell
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>0,9</cell
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><graphic
url="../icono/br//Fig1_.png"
></graphic
><head
style="titre_figure"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Fig</hi
>. 1. — Biches rouges en grottes profondes : <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>A</hi
>, <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>B</hi
> Arenaza (Viscaye); <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>C</hi
>, El Arco B (Cantabrie); <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>D</hi
>, <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>E</hi
>, Covalanas (Cantabrie); <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>F</hi
>, La Garma (Cantabrie); <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>G</hi
>-<hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>I</hi
>, La Pasiega A (Cantabrie); <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>J</hi
>, La Pasiega C (Cantabrie); <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>K</hi
>, <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>L</hi
>, El Pendo (Cantabrie). Crédits : D. Garate (A, B) ; C. González Sainz (C, F) ; M. García Diez – J. Eguizabal Torre (D, E) ; H. Breuil (G-J) ; R. Montes Barquín (K, L).</head
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><figure
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><graphic
url="../icono/br//Fig2_.png"
></graphic
><head
style="titre_figure"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Fig</hi
>. 2. — Carte de la région cantabrique montrant la distribution des sites à biches rouges (en rouge) et des sites à biches gravées (en bleu). La dichotomie des deux ensembles laisse penser qu’ils sont vraisemblablement l’œuvre de groupes distincts. Les numéros indiquent la localisation des 110 sites pariétaux cantabriques. Crédits : dʼaprès González Sainz.</head
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><figure
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></graphic
><head
style="titre_figure"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Fig</hi
>. 3. — Biches gravées trilinéaires : <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>A</hi
>, Hornos de la Peña (Cantabrie) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>B</hi
>, Chufín (Cantabrie) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>C</hi
>, La Pasiega (Cantabrie) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>D</hi
>, Santo Adriano (Asturies) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>E</hi
>, Entrefoces-El Molín (Asturies) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>F</hi
>, El Castillo (Cantabrie) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>G</hi
>-<hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>I</hi
>, <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>K</hi
>, Ardales (Málaga) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>J</hi
>, La Pileta (Málaga) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>L</hi
>, Nerja (Málaga) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>M</hi
>, El Parpalló (Valencia). Crédits : dʼaprès C. González Sainz (A, B, E), H. Breuil (C, F, K), J. Fortea (D), P. Cantalejo,(G, H, I), J. L. Sanchidrian (J, L) V. Villaverde (M).</head
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><figure
xml:id="_idTextAnchor027"
><graphic
url="../icono/br//Fig4_.png"
></graphic
><head
style="titre_figure"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Fig</hi
>. 4. — Biches striées dans l’art mobilier du Magdalénien inférieur cantabrique : <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>A</hi
>, Altamira (Cantabrie) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>B</hi
>, El Mirón (Cantabrie) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>C</hi
>, El Castillo (Cantabrie). Biches striées pariétales : <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>D</hi
>, Altamira ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>E</hi
>, El Castillo ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>F</hi
>, Llonín (Asturies) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>G</hi
>, Marsoulas (Haute-Garonne). Crédits: H. Breuil (A, D, E) ; M. González Morales (B), M. S. Corchón (C), J. Fortea (F), G. Tosello (G).</head
></figure
><figure
xml:id="_idTextAnchor028"
><graphic
url="../icono/br//Fig5_.png"
></graphic
><head
style="titre_figure"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Fig</hi
>. 5. — Biches magdaléniennes dans leur contexte : <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>A</hi
>, Altamira (Cantabrie) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>B</hi
>, Ekain (Guipúcoa) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>C</hi
>, El Pindal (Asturies) ; <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>D</hi
>, Tito Bustillo. Crédits : dʼaprès H. Breuil (A) ; J. Altuna (B) ; F. Jordá Cerdá &amp; M. Berenguer (C) ; M. Berenguer (D).</head
></figure
><figure
xml:id="_idTextAnchor029"
><graphic
url="../icono/br//Fig6_.png"
></graphic
><head
style="titre_figure"
><hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>Fig</hi
>. 6. — Similitude de styles et de morphologie pour <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>A</hi
>, une biche de La Pasiega (Cantabrie) et <hi
rend="bold"
style="typo_gras"
>B</hi
>, un cerf de Gandil (Tarn-et-Garonne) montrant des influences lointaines (même oreille dans la nuque, mêmes inflexions de la gorge et du poitrail, même saillant de l’épaule). Crédits : d’après H. Breuil (A) et E. Ladier (B).</head
></figure
></div
></div
></body
><back
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type="bibliographie"
><head
style="T_1"
>Références</head
><listBibl
><bibl
style="txt_Bibliographie"
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><bibl
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>https://doi.org/10.2307/j.ctvdmwwz4.8</ref
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>https://doi.org/10.1111/ojoa.12281</ref
></bibl
><bibl
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>https://doi.org/10.1111/bor.12037</ref
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>https://doi.org/10.25267/rev_atl-mediterr_prehist_arqueol_soc.2013.v15.02</ref
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>Vialou D. 1986. — <hi
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>L’art des grottes en Ariège Magdalénienne</hi
>. Éditions du CNRS, Paris, 425 p. (Gallia Préhistoire ; Suppl. 22).</bibl
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